« Jusqu’à douze heures par jour » : Roger Federer a souvent répété en interview que le sommeil était l’un des secrets de sa réussite, disant que « le sommeil est une partie essentielle de mon régime d’entraînement. C’est le moment où le corps se régénère et se prépare pour les défis à venir sur le court. »
L’importance du sommeil réside dans ses multiples effets sur le corps et l’esprit. Le sommeil joue un rôle essentiel dans la récupération musculaire. Pendant le sommeil, le corps libère des hormones de croissance qui favorisent la réparation des tissus musculaires endommagés lors des séances d’entraînement intenses. Cela permet aux athlètes de récupérer plus rapidement et de maximiser leur potentiel de développement musculaire.
De plus, le sommeil est crucial pour la consolidation de la mémoire et l’apprentissage moteur. Les athlètes doivent constamment affiner leurs techniques et leurs stratégies pour exceller dans leur sport, et le sommeil joue un rôle clé dans ce processus. Des études ont montré que le sommeil améliore la capacité du cerveau à consolider les compétences motrices, ce qui permet aux athlètes de réagir plus rapidement et avec plus de précision pendant la compétition.
En outre, le sommeil est étroitement lié à la régulation de l’humeur et du bien-être mental. Les périodes de repos insuffisantes sont souvent associées à une augmentation du stress, de l’anxiété et de l’irritabilité, ce qui peut avoir un impact négatif sur la performance sportive. Un sommeil adéquat favorise donc une meilleure gestion du stress et une attitude mentale positive.
Selon l’ATP, les sportifs dormant moins de 8h par nuit ont 68% de risques supplémentaires de se blesser. Vous l’aurez compris, un match se joue le jour mais également la nuit.
Vous l’aurez compris, un match se joue le jour mais également la nuit.

Serena Williams
« Je m’efforce de dormir au moins huit heures par nuit. Le sommeil est crucial pour ma récupération physique et mentale, ce qui me permet de rester compétitive à chaque match. »
Novak Djokovic
« Le sommeil est l’un des piliers de ma performance sur le court. Je fais en sorte de respecter une routine de sommeil régulière, car je sais que cela influence directement
ma capacité à jouer à mon meilleur niveau. »


Naomi Osaka
« Je prends mon sommeil très au sérieux. C’est la clé pour rester concentrée et énergique pendant les tournois. Sans un sommeil adéquat, je ne serais pas en mesure de rivaliser au plus haut niveau. »
Pierre Paganini, une bonne récupération n’est pas possible sans un bon sommeil
C’est à Lausanne que nous rencontrons Pierre Paganini qui revient d’un entraînement donné à Stan Wawrinka. L’homme (65 ans) est considéré comme un des meilleurs entraîneurs de condition physique dans le monde du tennis. On sent chez lui une énergie et une intensité fortes et une certaine réserve quand nous lui parlons de sommeil.

La récupération, c’est un tout ?
Il y a celle de la musculature et de l’athlète, mais aussi celle de la personne, qui vit et éprouve des choses. Ce qui me frappe chez les champions, c’est leur capacité, même après avoir eu une mauvaise journée par ailleurs, de se présenter chez vous comme si de rien n’était. Le rythme de la récupération de la personne est tout à fait différent du rythme purement athlétique. La récupération est tout aussi importante que l’entraînement. Le sommeil est très important bien sûr, une bonne récupération n’est pas possible sans un bon sommeil. En tennis, il faut tenir compte de l’irrégularité des plages temps et des décalages horaires. Un joueur n’est ainsi jamais plus de trois semaines au même endroit sur toute l’année. C’est le joueur qui sait adapter sa propre récupération et la façon de la gérer est très individuelle.
Le dialogue, l’écoute, c’est essentiel…
Plus les années passent, plus vous sentez que ce sont les détails qui font la différence. C’est d’ailleurs l’un des points forts de Federer : quand il vous donne une information sur ce qu’il ressent, c’est clair, c’est pur, c’est entier. « Rodge », mais aussi Stan, ont une manière directe de dire les choses et ont toujours conservé leur spontanéité. Ça vaut de l’or pour la récupération. Au final, c’est toujours le dialogue qui sauve tout. On coupe les choses en quatre, on cherche les petits détails qui pourraient faire la différence et c’est par l’échange qu’on y arrive. Si j’ai eu le privilège d’entraîner aussi longtemps ces joueurs, c’est que nous n’avons jamais cessé de parler.
Sport et récupération, les conseils du Swiss Medical Center
Pour les experts du Swiss Olympic Medical Center de l’Hôpital de La Tour à Genève, bien récupérer permet de diminuer les douleurs et la fatigue musculaire, les risques de blessures et d’infection et d’éviter le syndrome de surentraînement. Bien récupérer c’est aussi et surtout se préparer à l’effort suivant.
Voici leurs conseils:
- ALIMENTATION PAR ÉTAPES
Une collation dans les 30 à 60 minutes qui suivent un entraînement puis un repas complet 2 à 4 heures après permettront de se réhydrater, de reconstituer ses stocks de glycogène et de participer à la synthèse de protéines. - SOMMEIL ET FRAÎCHEUR
8 à 10 heures sont nécessaires dans un environnement sombre, tamisé et frais. L’immersion dans l’eau froide améliore le retour veineux, diminue l’inflammation et les douleurs musculaires. - GESTION DU STRESS
Le stress et la fatigue mentale ont un impact négatif sur la récupération. Les techniques de relaxation et de gestion du stress peuvent donc être intéressantes en complément du sport.



